BLANCHISSEUSE






Contexte historique et social
Explosion démographique urbaine : Paris et sa banlieue connaissent une forte croissance, rendant le traitement du linge à domicile difficile. Les blanchisseuses deviennent indispensables dans les villes.
Révolution industrielle : L’essor du textile et des préoccupations hygiénistes accroît la demande de linge propre, notamment dans les hôpitaux, casernes, hôtels et écoles.
Féminisation du métier : Ce travail est majoritairement exercé par des femmes, souvent issues des classes populaires, dans des conditions très dures.
Types de blanchisseuses :
Blanchisseuses de linge fin : Travaillent dans les lavoirs parisiens, souvent à leur compte.
Blanchisseurs buandiers : Présents dans les communes autour de Paris.
Blanchisseurs apprêteurs : Spécialisés dans les rideaux ou le linge neuf.
Méthodes de travail :
Le linge est coulé, lessivé, savonné, essoré, séché et repassé.
Des traitements comme l’amidonnage ou l’azurage (passage au bleu) sont appliqués.
Lieux emblématiques :
Les bateaux-lavoirs sur la Seine.
Les lavoirs publics, souvent dirigés par des maîtres peu conciliants, comme dans le célèbre lavoir de L’Assommoir d’Émile Zola.
Horaires exténuants : Journée de travail de 6h à 20h, avec une seule heure de pause.
Vie communautaire : Malgré les disputes, une forte solidarité entre ouvrières se manifeste en cas d’accident ou de besoin.
Statut social : Métier peu valorisé mais essentiel, souvent exercé par des femmes seules ou veuves.
Après 1950 : L’arrivée de la machine à laver et du nettoyage à sec entraîne la disparition progressive de la profession.

La culotte du député
À Montmartre, vers 1905, une blanchisseuse nommée Léontine travaillait dans une buanderie réputée pour sa discrétion… du moins en apparence. Chaque semaine, elle lavait le linge d’un certain député bien en vue, connu pour ses discours enflammés sur la morale et les bonnes mœurs.
Un jour, en repassant ses chemises amidonnées, Léontine découvre dans le fond du panier une culotte en dentelle fine… mais pas du tout à la taille du député. Intriguée, elle la montre à sa collègue Augustine, qui éclate de rire : “C’est pas sa femme qui porte ça, elle est plutôt du genre caleçon en flanelle !”
Les deux femmes, amusées, décident de glisser un petit mot dans le linge propre :
“La dentelle se lave à la main, surtout quand elle cache des secrets.”
Le député, furieux mais piégé, cesse aussitôt d’envoyer son linge à la buanderie. Mais le bruit court vite dans les ruelles de Montmartre… et bientôt, les chansonniers des cabarets s’en inspirent pour une ritournelle moqueuse : “Monsieur le député, cachez bien vos dessous, car les blanchisseuses ont l’œil plus fin que vous !”