BIBLIOTHECAIRE



Le métier de bibliothécaire à la Belle Époque en France (fin XIXe – début XXe siècle) est une période charnière où la profession se structure, se professionnalise et s’inscrit dans un cadre réglementaire et intellectuel en pleine mutation.
La Belle Époque (environ 1870–1914) est marquée par l’essor de l’instruction publique, la démocratisation de la lecture et la création de nombreuses bibliothèques municipales.
La Troisième République encourage la diffusion du savoir, notamment par la création de bibliothèques populaires et scolaires.
Avant le XIXe siècle, les bibliothécaires étaient souvent des érudits ou des religieux, sans formation spécifique.
À partir du XIXe siècle, le métier se formalise :
Création du Certificat d’aptitude aux fonctions de bibliothécaire (CAFB) en 1879.
Fondation de l’École nationale des chartes (1821), qui forme des professionnels du patrimoine, dont des bibliothécaires.
Les bibliothécaires deviennent des fonctionnaires, avec des missions définies : classement, conservation, prêt, médiation culturelle.
Les bibliothécaires deviennent des fonctionnaires, avec des missions définies : classement, conservation, prêt, médiation culturelle.Compétences et savoir-faire
Le bibliothécaire doit maîtriser :
La classification Dewey et les techniques de catalogage.
La gestion des collections et leur mise à disposition du public.
La médiation intellectuelle : sélection des ouvrages, organisation de conférences ou expositions.
Les bibliothèques évoluent :
De simples dépôts de livres à des lieux de sociabilité et d’éducation.
Aménagements spécifiques : banques de prêt, salles de lecture, ateliers de reliure.
Le mobilier devient fonctionnel : rayonnages, bureaux, fiches cartonnées pour le catalogage .
Figures marquantes
Des personnalités comme Jules-Antoine Taschereau ou Charles Nuitter incarnent cette profession en mutation.
Les bibliothécaires sont souvent des intellectuels engagés, parfois résistants ou militants pour la lecture publique .

À Paris, vers 1907, un certain bibliothécaire dans une prestigieuse institution que nous ne nommerons pas avait discrètement monté une collection privée dans une salle dissimulée derrière les archives. Mais cette collection n’était pas ordinaire : elle regroupait des ouvrages jugés « immoraux », « décadents » ou « trop libres » pour la morale bourgeoise de l’époque. On y trouvait des textes d’auteurs comme Sade, Baudelaire (dans ses versions non censurées), des pamphlets féministes radicaux, et même des romans libertins anonymes imprimés à l’étranger.
Le secret ? Ce bibliothécaire faisait visiter la pièce uniquement à certains intellectuels et artistes triés sur le volet, souvent après les heures de fermeture. Le lieu devint vite un salon clandestin où l’on discutait librement de politique, de sexualité, et de littérature subversive, bien loin des convenances affichées de la Belle Époque.
Mais en 1911, une dénonciation par un collègue jaloux entraîna une perquisition. Ironie délicieuse : les autorités, en découvrant la collection, furent si fascinées qu’au lieu de tout brûler, plusieurs ouvrages furent discrètement transférés à la Bibliothèque nationale, camouflés dans des fonds spéciaux où certains sont encore consultables aujourd’hui sous autorisation !