BARMAN



Le métier de barman à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple emploi derrière le comptoir c’était un rôle social au cœur de la vie parisienne.
Période de prospérité, d’innovation et d’effervescence culturelle en France.
Paris devient le centre du monde artistique, littéraire et festif.
Les cafés, cabarets et brasseries fleurissent, notamment à Montmartre et sur les Grands Boulevards.
Figure centrale du café ou du cabaret, le barman incarne l’élégance et le savoir-faire.
Il prépare des boissons alcoolisées, souvent des cocktails classiques ou des apéritifs populaires comme l’absinthe.
Il est aussi confident, animateur et parfois artiste, contribuant à l’ambiance du lieu .
Lieux emblématiques
Le Chat Noir, Le Moulin Rouge, Le Lapin Agile : hauts lieux de la bohème où le barman côtoie artistes, écrivains et bourgeois.
Les cafés-concerts et guinguettes deviennent des espaces de mixité sociale et de divertissement.
Le terme "barman" vient de l’anglais bar + man, popularisé en Europe à la fin du XIXe siècle.
À cette époque, le métier commence à se professionnaliser, avec des techniques de service et de préparation codifiées.
Les premiers livres de recettes de cocktails apparaissent, influencés par des figures comme Jerry Thomas aux États-Unis .
Une touche d’artisanat
Le barman est vu comme un créateur de saveurs, parfois surnommé "mixologiste" avant l’heure.
Il joue avec les textures, les couleurs et les arômes pour séduire une clientèle exigeante.

Le cocktail interdit du Ritz
Vers 1910, au mythique bar du Ritz Paris, un jeune barman nommé Frank Meier considéré comme l’un des meilleurs mixologues de son temps servait une clientèle aussi prestigieuse qu’exigeante : artistes, aristocrates, espions... et même quelques têtes couronnées incognito.
Un soir, une duchesse anglaise demande un cocktail “hors carte”, quelque chose de scandaleusement audacieux. Meier, inspiré par les parfums capiteux de la soirée, mélange du cognac, de l’absinthe, du jus de cerise noire et une touche de liqueur de violette. Le résultat ? Un breuvage envoûtant, baptisé “Le Fantôme de Minuit”.
Mais voilà : l’absinthe était sur le point d’être interdite en France, accusée de rendre fou. Le cocktail devient clandestin, réservé aux initiés. On le servait dans une tasse à thé, avec une rondelle de citron pour masquer l’arôme. Les habitués murmuraient le mot de passe : “Minuit frappe”.
Ce cocktail devint si célèbre dans les cercles secrets que même Coco Chanel aurait exigé qu’on lui en prépare un lors d’une soirée privée au Ritz. Et selon la rumeur, un espion russe aurait glissé un micro dans une théière pour écouter les conversations autour de ce breuvage sulfureux...