BANQUIER



Le métier de banquier à la Belle Époque en France était bien plus qu’une simple fonction financière c’était une vitrine de l’ascension sociale, de l’innovation économique et du prestige bourgeois.
Période : La Belle Époque (environ 1870–1914) fut marquée par une forte croissance économique, une industrialisation accélérée et une confiance dans le progrès.
Société : La bourgeoisie triomphante dominait les sphères économiques, et les banquiers incarnaient cette élite montante.
Transformation du rôle : Le banquier n’était plus seulement un usurier ou changeur, mais un acteur central du développement industriel et commercial.
Montée des grandes banques : Des établissements comme le Crédit Lyonnais (1863), la Société Générale (1864) et le Comptoir National d’Escompte de Paris ont structuré le paysage bancaire.
Diversité des profils : Le métier s’est ouvert à des hommes issus de milieux modestes, qui gravissaient les échelons grâce à leurs compétences et leur loyauté envers leur "maison".
Portrait du banquier de la Belle Époque
Compétences clés : Expertise financière, réseau social, sens de la diplomatie.
Statut social : Le titre de banquier était réservé aux sous-directeurs ou dirigeants des grands établissements, pas aux simples directeurs d’agence.
Ascension sociale : Certains, comme Louis Dorizon (Société Générale), ont gravi les échelons sans capital ni relations, incarnant une nouvelle élite bancaire.
Haute banque familiale Ancienne , élitiste , souvent liée à des dynasties ( ex Rothschild )
Banque par action Modernes , dynamiques , ouvertes à des profils variés
Banques locales /régionnales , Plus petites , souvent dirigées par des escompteurs

Au tournant du XXe siècle, l’affaire Humbert secoue le Paris mondain et le milieu bancaire. Marie-Thérèse Humbert, épouse d'un influent avocat, réussit à tromper tout le gratin parisien banques comprises avec une histoire rocambolesque autour d’un prétendu héritage de plusieurs millions.
Les Humbert prétendent avoir reçu un héritage colossal de la famille Crawford, deux Américains fictifs.
Pour faire croire à leur fortune, ils exhibent un contrat et un coffre-fort dans leur hôtel particulier… mais le coffre est vide.
De grandes banques comme le Crédit Lyonnais et le Comptoir d’Escompte, fascinées par la fortune annoncée, leur prêtent des millions.
Des notables investissent, convaincus que leur heure de gloire viendra une fois le procès réglé.
En 1902, la supercherie est dévoilée : pas d’héritage, pas de Crawford. Le coffre-fort, ouvert publiquement, ne contenait rien… sauf des chiffons.
Marie-Thérèse s’enfuit en Espagne avec ses complices, mais sera arrêtée et condamnée à cinq ans de prison.