BALAYEUR




Le métier de balayeur à la Belle Époque en France était bien plus qu’un simple travail de nettoyage : c’était une fonction essentielle à la vie urbaine, chargée de maintenir l’ordre et la propreté dans un espace public en pleine mutation.
La Belle Époque (environ 1890–1914) est une période de prospérité, d’innovation et de transformation sociale en France.
L’urbanisation rapide, notamment à Paris, rendait le nettoiement des rues indispensable pour la santé publique et l’image de la ville.
Les balayeurs travaillaient dès 6 heures du matin, souvent seuls sur leur canton, avec des outils simples : balai, cadi, et clef pour ouvrir les bouches de lavage.
Ils utilisaient les bouches de lavage pour couler les caniveaux, entraînant les petits détritus vers les égouts.
Le métier était manuel et répétitif, mais considéré comme irremplaçable pour l’entretien des trottoirs
Statut et organisation
Le balayeur était souvent un fonctionnaire territorial, bénéficiant d’une carrière stable mais peu évolutive.
Une formation de trois semaines à l’École de propreté de la Ville de Paris était obligatoire pour les nouveaux agents.
Le terme cantonnier était parfois utilisé comme synonyme, en référence à leur zone de travail.
Le balayeur était très visible dans l’espace public, ce qui pouvait entraîner des interactions variées avec les passants : respect, indifférence ou incivilité.
Certains balayeurs adoptaient un rôle civique, rappelant aux citoyens leur devoir de respecter la propreté des rues.
L’arrivée des engins mécaniques (aspiratrices, laveuses) dans les années 1900 n’a pas supprimé le métier, mais a offert des possibilités de promotion pour certains agents.
Malgré la modernisation, le balayage manuel restait central, notamment pour les zones difficiles d’accès.

Le balai et le scandale de l’Opéra
Garnier Un balayeur nommé Armand, discret habitué du quartier de l’Opéra, avait pour mission de nettoyer les abords chaque matin. Un jour, en 1902, alors qu'il faisait sa ronde à l’aube, il trouva un objet en velours rouge sous un banc une culotte brodée aux initiales d’une célèbre cantatrice du moment. Intrigué mais prudent, il la confia à un concierge, qui en parla à un machiniste, qui en glissa le mot à un journaliste du Figaro... Quelques jours plus tard, un article fit scandale : la diva aurait été surprise, à la fin d’une soirée très privée, en galante compagnie dans les loges de l’Opéra. Armand devint malgré lui un héros du petit peuple, et gagna le surnom de "le découvreur du tissu secret" parmi ses collègues. Il déclina les interviews mais aurait confié : « Un balai peut soulever bien des mystères… »