AVOCAT



À la Belle Époque, le métier d’avocat en France était à la croisée du droit, de la politique et du prestige social une profession en pleine mutation, entre tradition et modernité.
L’avocat existe depuis le Moyen Âge, mais c’est au XIXe siècle que la profession se libéralise et s’organise autour des barreaux locaux.
Sous la IIIe République (1870–1940), les avocats deviennent des figures publiques majeures : 11 des 23 présidents de la République furent avocats .
Le métier gagne en autonomie : les avocats élisent leur bâtonnier, chef du barreau, et revendiquent leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.
En 1900, une loi autorise enfin les femmes à exercer la profession.
Jeanne Chauvin, pionnière féministe, devient la première femme à plaider en 1907 après avoir obtenu son doctorat en droit en 1892 .
Elle milite pour l’égalité juridique entre hommes et femmes, malgré une forte opposition du monde judiciaire.
L’avocat, orateur et homme politique
L’avocat de la Belle Époque est souvent un brillant orateur, adulé dans les prétoires.
Il joue un rôle dans les grands débats publics, parfois même contre le gouvernement, comme Berryer ou Gambetta.
Le barreau devient une arène politique, où se prépare l’avènement de la République.
Le Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat (CAPA) est créé en 1941, mais les bases sont posées dès la Belle Époque.
Le métier se professionnalise : les avocats ne sont plus seulement des plaideurs, mais aussi des conseillers juridiques.

Le scandale de Marguerite Steinheil
La veuve fatale Marguerite était l'épouse du peintre Adolphe Steinheil, mais c’est son lien sulfureux avec le président Félix Faure qui lui a valu la célébrité. En 1899, Faure meurt subitement… dans le salon privé de l’Élysée, alors qu’il recevait Marguerite pour une "visite intime". La rumeur veut que ce soit au cours d’un acte charnel qu’il aurait été terrassé par une crise cardiaque les journaux ne se privèrent pas de titrer qu’il était « mort dans les bras de la République ».
Mais ce n’est que le début du vaudeville judiciaire : quelques années plus tard, en 1908, Marguerite est accusée du meurtre de sa propre mère et de son beau-père. Elle fait appel à l’un des avocats les plus flamboyants de l’époque : Henri-Robert, célèbre pour ses plaidoiries spectaculaires et son talent à transformer les affaires les plus sombres en théâtres brillants. Grâce à lui, elle est acquittée dans une ambiance de procès médiatique digne d’un opéra. On la surnomma alors la "Veuve noire".
Ce procès mêlait tout : politique, sexe, meurtres, et la virtuosité d’un avocat de génie. La presse en fit ses choux gras, et Paris tout entier se délecta de chaque rebondissement.