ATTRAPEUR DE RATS



À la Belle Époque, le métier d'attrapeur de rats était à la fois ingrat et essentiel — un véritable combat contre la vermine dans les villes en pleine modernisation.
Les rats noirs pullulaient dans les rues, les maisons en bois, les granges et même la paille où dormaient les plus pauvres.
Les attrapeurs de rats aussi appelés chasseurs de rats étaient chargés de dératiser les quartiers, souvent dans des conditions insalubres et dangereuses.
Ce métier est l’ancêtre du dératiseur moderne, mais à l’époque, il était respecté pour son rôle dans la lutte contre les épidémies comme la peste.
Ils utilisaient :
Des pièges à ressort ou des poudres empoisonnées.
Des animaux dressés, notamment des chats en cage pour attirer ou effrayer les rats.
Pour prouver leur efficacité, certains se promenaient avec un bâton orné de rats morts, criant « Mort aux rats ! » dans les rues.
D’autres récitaient même des sortilèges folkloriques pour chasser la vermine, mêlant superstition et théâtre de rue .
Une figure entre folklore et réalité
Le Joueur de flûte de Hamelin, bien que légendaire, incarne l’image du chasseur de rats idéal : rusé, efficace, mais aussi mystérieux et parfois vengeur.
Des artistes comme Cornelis de Visscher ont immortalisé ces figures dans des gravures, montrant des hommes armés de coutelas, sacs et cages, parfois accompagnés d’un cochon ou d’un assistant inquiet.
Ce métier, aujourd’hui disparu, nous rappelle à quel point la lutte contre les nuisibles était une affaire de survie… et de spectacle.

Dans les années 1890, un certain Arsène Chicot, attrapeur de rats réputé de la Butte Montmartre, aurait fondé ce que les journaux de l’époque appelaient en plaisantant le Rat-Club. Ce n’était pas une simple guilde de dératisation : ce cercle clandestin réunissait quelques joyeux lurons du métier qui organisaient des concours de capture, en pleine nuit, dans les égouts ou les caves d’immeubles haussmanniens.
Mais le plus croustillant, c’est ce qui suivait : une fois les rats capturés, les membres du club les dressaient pour des spectacles improbables, dans l’arrière-salle d’un bistrot de la rue Lepic. Les rongeurs, affublés de petits costumes, étaient placés sur des mini-scènes où ils tiraient des chariots ou “dansaient” au son de l’accordéon. Certains soirs, les artistes-rats volaient même la vedette aux poètes bohèmes et aux cabarets comme le Lapin Agile !