ARRACHEUR DE DENTS AMBULANT




Les arracheurs de dents ambulants à la Belle Époque en France étaient à la fois praticiens rudimentaires et véritables artistes du spectacle. Leur métier, à mi-chemin entre la médecine populaire et le charlatanisme, reflète une époque où la douleur dentaire se traitait souvent sur les places publiques .
Le spectacle avant tout
Pour attirer les clients et masquer les cris, ils s’entouraient de musiciens jouant tambours et grosses caisses .
L’extraction devenait un numéro comique, où les grimaces du patient faisaient rire les badauds.
Certains, comme la célèbre Bartherote, sortaient la dent arrachée au bout d’une épée, sous les applaudissements de la foule .
En plus des extractions, on croyait à des remèdes magiques : racines d’asperge, clous plantés dans les arbres, ou prières devant des buissons d’aubépine.
Le métier était souvent exercé par des guérisseurs, forgerons ou marchands ambulants, sans formation médicale .
Héritage et expressions
L’expression « mentir comme un arracheur de dents » vient de leur habitude à promettre des extractions indolores… rarement tenues.
Leur rôle a peu à peu disparu avec l’essor de la dentisterie moderne au XXe siècle

Lors d’une foire à Lyon vers 1903, un arracheur de dents du nom de Maître Alcide se mit en scène en duel avec un confrère. Chacun prétendait être le véritable “roi de la molaire”. Pour prouver sa supériorité, Alcide proposa une démonstration publique : extraire une dent sans douleur, sur un volontaire choisi dans la foule.
Le hic ? Le volontaire était complice ! Alcide avait glissé un faux dentier dans sa bouche, et lorsqu’il arracha “la dent”, une fontaine de faux sang jaillit, horrifiant et fascinant l’assistance. Tandis que la foule criait au miracle ou à la torture son rival, furieux d’avoir été dupé, tenta de dévoiler la supercherie… Mais trop tard : Alcide vendit tous ses élixirs avant de disparaître dans un nuage de talc et de gloire. ߒ¨