APICULTEUR




L’apiculteur à la Belle Époque : entre tradition et modernité
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier d’apiculteur en France connaît une transformation profonde, mêlant savoirs ancestraux et innovations techniques. Voici un aperçu captivant de cette période charnière :
L’apiculture existait depuis le Moyen Âge, souvent pratiquée par des moines dans les monastères.
Les ruches traditionnelles étaient en paille, en osier ou en troncs creux, mais leur récolte impliquait souvent la destruction des colonies.
L’invention de la ruche à cadres mobiles par Langstroth (États-Unis) et popularisée en France par Charles Dadant et l’abbé Warré a permis une récolte du miel sans tuer les abeilles.
L’abbé Voirnot a conçu une ruche adaptée au climat continental français, facilitant l’apiculture dans les régions plus froides.
Naissance de l’enseignement apicole
En 1856, Henri Hamet fonde la Société Centrale d’Apiculture à Paris, avec le soutien du Sénat et du ministère de l’Agriculture.
Des cours sont dispensés au rucher-école du Jardin du Luxembourg, formant des « professeurs ambulants » pour diffuser les bonnes pratiques dans toute la France.
De nombreux ecclésiastiques voient dans l’apiculture une activité spirituelle et économique.
La ruche devient une parabole sociale, symbole d’harmonie et de travail collectif.
Un métier en mutation
L’apiculteur de la Belle Époque passe du rôle de cueilleur à celui de éleveur et observateur.
L’usage du microscope et les progrès en entomologie permettent de mieux comprendre la colonie, notamment le rôle de la reine.

À Paris, vers 1905, un certain Monsieur Achille Lavande, apiculteur réputé, faisait bien plus que produire un miel prisé par les grands restaurants du boulevard Haussmann. Véritable dandy moustachu, il tenait ses ruches sur les toits du Grand Hôtel, tout en prétendant étudier le comportement des abeilles. En réalité
Achille était un maître du déguisement, et utilisait son accès privilégié aux salons et balcons pour écouter les conversations de diplomates étrangers, venus déguster thé et douceurs. Officiellement fournisseur de miel, officieusement informateur discret pour les services secrets français.
Une autre rumeur circulait dans les milieux galants : Achille aurait charmé la duchesse de Montcorbier avec ses délicats savons au miel et propolis, en glissant dans l’un d’eux un poème en alexandrins vantant la beauté de ses yeux et la douceur des butineuses. Résultat ? Une liaison passionnée, interrompue uniquement par la fuite précipitée de la duchesse à Saint-Pétersbourg.