AMBULANCIER



L’émergence des ambulanciers en France à la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle) marque une transition fascinante entre les usages militaires et civils du secours médical.
Le mot ambulance vient du latin ambulare (se déplacer), utilisé d’abord pour désigner les hôpitaux mobiles sur les champs de bataille.
En 1794, Jean-Dominique Larrey, chirurgien de Napoléon, invente les ambulances volantes : des chariots tirés par des chevaux pour évacuer rapidement les blessés.
Ces véhicules sont équipés de brancards et de matériel chirurgical rudimentaire, ancêtres des SMUR modernes.
En 1880, le Dr Henri Nachtel, avec le soutien de Victor Hugo, introduit les ambulances publiques à Paris.
Ces ambulances hippomobiles sont médicalisées par des internes de l’Hôtel-Dieu et destinées aux victimes d’accidents sur la voie publique.
En 1882, l’épidémie de variole pousse la ville à organiser le transport des malades vers les hôpitaux, renforçant le rôle des ambulances municipales .
Les premiers ambulanciers civils
Les Despotats, anciens militaires devenus secouristes, sont considérés comme les premiers ambulanciers.
Leur équipement : une lance, une gibecière, et une toile transformable en civière pour transporter les blessés.
À la Belle Époque, les ambulanciers commencent à se détacher du cadre militaire pour devenir un corps civil organisé, notamment dans les grandes villes comme Paris.
Le matériel s’améliore : pansements, instruments chirurgicaux, et premiers médicaments embarqués.
Cette période est le berceau du métier d’ambulancier tel qu’on le connaît aujourd’hui — un mélange d’innovation médicale, de solidarité urbaine et d’héritage militaire. Si tu veux, je peux te raconter comment les ambulances ont évolué pendant les guerres mondiales ou comment le métier s’est structuré au XXe siècle.

L’affaire du Comte trébuchant
Paris, 1903 Dans le quartier chic de Passy, un comte excentrique, grand amateur de bicyclette malgré ses 70 printemps, décide de faire une démonstration de ses talents lors d’un salon mondain. Malheureusement, son monocle glisse, il perd le contrôle de sa bicyclette… et heurte un lampadaire !
Les passants affolés appellent l’ambulance Hippolyte, conduite par un certain Jules, ambulancier réputé pour sa moustache impeccable et ses talents de diplomate. En arrivant, Jules découvre que le comte est conscient, mais très agité. Il exige d’être transporté seulement dans une ambulance à traction hippomobile, « pas ces engins modernes à moteur qui ruinent l’élégance parisienne ».
Jules, avec un flair certain, fait semblant de négocier avec ses chevaux imaginaires, improvise une attelle avec des journaux Le Petit Journal, et installe le comte dans l’ambulance en disant : ߗ£️ « Et voilà, votre carrosse, Monsieur le Comte. Promis, les chevaux ne galoperont pas trop vite. »
Résultat : le comte repart ravi, raconte l’histoire dans tous les salons. L’hôpital note : « commotion légère, traitement par flatterie et discrétion ».