AMADOUEUR


Les amadoueurs, ou fabricants d’amadou, formaient un métier artisanal bien réel en France à la Belle Époque, bien que souvent méconnu aujourd’hui. L’amadou est une matière spongieuse issue principalement du champignon Fomes fomentarius (l’amadouvier), utilisée depuis la Préhistoire pour allumer le feu, mais aussi en médecine et artisanat .
Rôle et fabrication de l’amadou
L’amadou était préparé à partir de la chair fibreuse du champignon amadouvier, séchée, battue, puis traitée au salpêtre pour améliorer son inflammabilité.
Les amadoueurs découpaient le champignon en fines tranches, les faisaient bouillir dans des solutions chimiques, puis les séchaient et les tapaient pour les assouplir.
Ce matériau était conservé au sec dans des boîtes ou des logettes intégrées aux briquets.
Les amadoueurs en France
Ce métier existait jusqu’au début du XXe siècle, avec des artisans spécialisés dans certaines régions comme la Gironde et Niaux (Ariège)
À la campagne, les gens fabriquaient souvent leur propre amadou pour un usage domestique.
En 1914, la manufacture d’Ulm en Allemagne produisait encore 50 tonnes d’amadou par an, ce qui montre l’importance de cette industrie à l’époque.
Allume-feu : utilisé dans les briquets à silex, très répandus avant les briquets à essence.
Médecine : employé comme pansement ou pour la moxibustion (traitement par chaleur).
Pêche : utilisé pour sécher les mouches artificielles.
Artisanat : transformé en cuir végétal pour fabriquer des chapeaux ou des sacs, notamment en Roumanie.

À l’époque où Paris brillait de mille feux et où les métiers manuels avaient encore un parfum d’artisanat sacré, le producteur d’amadou cet expert du champignon polypore transformé en matière inflammable occupait une place bien plus essentielle qu’on ne l’imagine.
Dans le petit village forestier de Saint-Yorre, un certain Gustave Rimbaud (aucun lien avec le poète, disait-il fièrement) était réputé pour son amadou d’une qualité exceptionnelle : souple, résistant, et capable d’allumer une pipe en plein mistral. Son secret ? Il faisait jouer des sonates de Chopin à ses morceaux de bois pour les “apaiser” avant la découpe. »
Un jour, un célèbre illusionniste du Moulin Rouge, Léon le Mystérieux, entend parler de cette méthode fantasque. Intrigué, il vient à Saint-Yorre, achète un lot, et l’utilise pour un tour : un simple souffle dans sa main et une flamme surgit au creux de sa paume. Succès instantané !
Résultat ; Gustave se retrouve fournisseur officiel de plusieurs illusionnistes parisiens. Il fait même l’objet d’un article dans La Revue du Monde Moderne intitulé “Quand la magie commence dans les arbres