ALLUMEUR DE REVERBERE





Un métier entre ombre et lumière : l’allumeur de réverbères à la Belle Époque
L’allumeur de réverbères, aussi appelé falotier, était une figure emblématique des rues françaises avant l’avènement de l’électricité. Voici un aperçu de son histoire, particulièrement à la Belle Époque
Origines du métier
Le métier apparaît dès 1667, avec l’installation des premiers réverbères à Paris sous l’impulsion de Gabriel Nicolas de La Reynie, lieutenant de police de Louis XIV
À l’origine, les citoyens étaient désignés pour allumer les lanternes, mais leur manque de rigueur a mené à la création d’un métier dédié.
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), les allumeurs travaillaient par tous les temps, sans jours de repos
Leur tâche : allumer, éteindre, nettoyer et entretenir les réverbères, souvent perchés à plusieurs mètres de hauteur.
Ils utilisaient une perche ou une échelle, selon le type de réverbère (suspendu ou sur pied).
Les réverbères à huile de colza sont remplacés progressivement par ceux au gaz entre 1817 et 1830, rendant l’allumage plus complexe mais plus efficace.
En 1878, l’Exposition universelle marque le début de la fin du métier avec l’arrivée des lampadaires électriques.
Le métier devient obsolète dans les années 1880, mais certains réverbères au gaz subsistent jusqu’au milieu du XXe siècle
Une photo célèbre de 1939 montre un ouvrier réduisant la lumière d’un bec de gaz devant l’Arc de Triomphe, symbole de la fin d’une époque.
Le métier est immortalisé dans la littérature, notamment dans Le Petit Prince de Saint-Exupéry, où l’allumeur incarne la fidélité et la poésie du quotidien.
Aujourd’hui, un seul réverbère au gaz subsiste à Malakoff, surnommé “Léon” par ses habitants.

À Paris, vers la fin du XIXe siècle, les allumeurs de réverbères étaient des figures familières du paysage urbain. L’un d’eux, surnommé “Monsieur Lumière” par les habitants de Montmartre, était réputé pour sa ponctualité et son élégance : redingote impeccable, moustache cirée, et une canne à bec de cuivre pour allumer les lampes à gaz.
Un soir d’hiver, alors que la neige tombait doucement sur les pavés, un nouveau venu fut affecté au même quartier. Ce dernier, plus jeune et un brin prétentieux, se vantait d’allumer les réverbères plus vite et plus haut que quiconque. Les deux hommes, piqués dans leur orgueil, décidèrent d’organiser un duel d’allumage : qui illuminerait la rue Lepic le plus rapidement et avec le plus de panache ?
Le quartier tout entier se rassembla pour assister à l’événement. L’un grimpait avec agilité, l’autre jonglait avec ses mèches et allumettes comme un prestidigitateur. Mais au moment de déclarer le vainqueur, une bourrasque éteignit tous les réverbères… sauf un, resté allumé grâce à une astuce de Monsieur Lumière : il avait graissé la mèche avec de la graisse de canard, plus résistante au vent.
Depuis ce jour, on disait que le dernier réverbère de la rue Lepic ne s’éteignait jamais, en hommage à l’ingéniosité de l’ancien allumeur.