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AIGUILLETIER



Le métier d’aiguilletier à la Belle Époque en France était un artisanat discret mais essentiel, enraciné dans des traditions anciennes et lié à l’évolution de la mode et de l’industrie textile.
Origine et définition du métier
Le terme aiguilletier désignait à l’origine le fabricant d’aiguillettes, ces liens décoratifs qui attachaient différentes pièces d’un costume, notamment le haut-de-chausse.
Par extension, il pouvait aussi désigner les fabricants d’aiguilles métalliques utilisées en couture, broderie ou passementerie.
Rôle dans l’industrie textile
À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), la France connaît un essor de la haute couture, avec Paris comme capitale mondiale de la mode.
Les métiers liés à l’aiguille couturières, modistes, brodeuses sont en plein développement, et les aiguilletiers fournissent les outils indispensables à ces professions
Bien que souvent éclipsés par les figures plus visibles de la couture, les aiguilletiers participent à la chaîne artisanale qui soutient l’industrie textile.
Le métier d’aiguilletier était structuré en corporation sous l’Ancien Régime, mais à la Belle Époque, il devient plus industriel et spécialisé, parfois intégré dans des ateliers de métallurgie fine.
Il reste cependant peu documenté par rapport aux métiers plus visibles comme les couturières ou les modistes, qui étaient au cœur des préoccupations sociales et économiques de l’époque.
Répartition géographique
Une cartographie historique montre que le métier d’aiguilletier était répandu dans plusieurs régions françaises, avec une présence notable entre 1800 et 1950

À Paris, vers 1905, un certain Émile Dervaux, aiguilletier réputé du quartier du Sentier, était connu pour ses créations raffinées d’aiguillettes et de passementeries destinées aux costumes militaires... mais aussi aux tenues de scène des courtisanes et danseuses du Moulin Rouge. Ce qui était moins connu, c’est qu’Émile avait un petit commerce parallèle : il confectionnait des aiguillettes personnalisées, parfois coquines, pour les tenues de soirée des dames de la haute société.
Un soir, lors d’un gala au Petit Palais, une comtesse arborant une robe somptueuse ornée d’aiguillettes en or et perles fines fit sensation. Mais voilà qu’en pleine valse, une aiguillette se détache et tombe... révélant un message brodé à la main : "À minuit, chez Émile."
L’affaire fit le tour des salons parisiens. On découvrit que plusieurs dames de la bourgeoisie passaient commande chez Émile pour des aiguillettes à double usage : décoratives à l’extérieur, mais porteuses de messages secrets à l’intérieur. Certaines contenaient des mots doux, d’autres des rendez-vous galants, et même des codes pour des cercles artistiques underground.