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AGENT DE POLICE




À la Belle Époque (fin XIXe – début XXe siècle), le métier d'agent de police en France prend une tournure moderne, marquée par la professionnalisation, l’uniformisation et une présence accrue
dans la vie urbaine.
Contexte historique
La Belle Époque (environ 1870–1914) est une période de prospérité, d’innovation et de transformation sociale en France.
Les grandes villes comme Paris connaissent une croissance rapide, ce qui entraîne des besoins accrus en sécurité publique
Évolution du métier
Avant la Belle Époque, la police était souvent composée de gardes municipaux ou de sergents de ville, peu formés et parfois corrompus.
Sous Napoléon III, la préfecture de police de Paris est renforcée, et les agents deviennent des figures visibles de l’ordre public.
À partir des années 1880, le métier se professionnalise :
Création d’écoles de formation pour les policiers.
Introduction de l’uniforme réglementaire, du képi et du bâton blanc.
Mise en place de brigades spécialisées, comme la police judiciaire.
Rôle et missions
Maintien de l’ordre dans les rues, marchés, gares et lieux publics.
Surveillance des mœurs et lutte contre la petite criminalité.
Contrôle des rassemblements politiques ou syndicaux (notamment après la Commune de Paris).
Apparition de la police scientifique avec Alphonse Bertillon, qui développe l’anthropométrie et les premiers fichiers criminels.
Image sociale
Les agents de police deviennent des figures familières du paysage urbain, parfois caricaturés dans les journaux satiriques.
Leur rôle est ambivalent : garants de la sécurité mais aussi instruments du pouvoir.

Vers 1902, un agent nommé Gaston se retrouvait régulièrement affecté à la surveillance nocturne autour du quartier Pigalle, fief des spectacles et des plaisirs parisiens. Un soir, il fut appelé en urgence au célèbre Moulin Rouge à cause d’un incident : une danseuse, furieuse que son amant l’ait délaissée pour une autre, menaçait de saboter le spectacle en renversant les costumes et briser les décors.
Gaston entra dans la loge avec autorité, mais fut vite désarçonné… car la danseuse, bien trop rusée, lui proposa un marché : elle calmerait ses ardeurs si Gaston acceptait de monter sur scène déguisé en automate dans le tableau final. Pris au piège par le regard insistant du directeur et la peur du scandale, il accepta.
Le résultat , Sous les applaudissements du public, Gaston fit une entrée triomphale, maquillé à outrance et vêtu de fer-blanc, mimant les gestes d’un robot désarticulé au milieu des danseuses. Il devint, sans le vouloir, la coqueluche des soirées du Moulin Rouge pendant plusieurs semaines, jusqu’à ce que le préfet de police le rappelle à l’ordre !